Vivre d'Internet

Trafic et visibilité/20 Mai 2021/4 min

Ce qui fait qu’un site tient la route, et ce qui le fait décrocher

Un écran affiche la grille de mise en page d'un site, à côté d'un croquis papier

Deux sites peuvent traiter le même sujet, avec le même nombre d’articles et le même budget, et obtenir des résultats qui n’ont rien à voir. L’un reçoit des visiteurs tous les jours, l’autre stagne à trente visites par mois pendant deux ans. La différence tient rarement à un secret de référencement. Elle tient à une poignée de fondamentaux que le premier a réglés et que le second a négligés.

La vitesse, le seul critère que tout le monde ressent

Un visiteur ne mesure pas votre temps de réponse en millisecondes, mais il le ressent. Sur mobile, en 4G, dans le métro, une page qui met quatre secondes à s’afficher est une page qu’on quitte. Le trafic ne s’effondre pas d’un coup : il ne monte simplement jamais.

Les trois causes reviennent presque toujours dans le même ordre. Les images publiées à leur taille d’origine, quatre mille pixels de large pour un affichage à huit cents. L’absence de cache, qui oblige le serveur à reconstruire chaque page à chaque visite. Et l’accumulation d’extensions dont plus personne ne sait à quoi elles servent, chacune ajoutant sa feuille de style et son script.

Le bon réflexe : mesurer avant de toucher à quoi que ce soit. Un site à deux secondes et demie de temps de réponse ne se répare pas en changeant de thème, il se répare en activant un cache. Ce n’est pas le même travail, ni le même prix.

Le parcours, ou pourquoi les gens repartent sans rien lire

Un site rapide mais illisible ne sert à rien. La question à se poser sur chaque page est bête et redoutable : est-ce qu’un inconnu comprend en cinq secondes où il est tombé et ce qu’il peut faire ensuite ?

Ça se joue sur des détails qui n’ont rien de décoratif. Un menu qui tient en cinq entrées plutôt qu’en quinze. Des titres qui disent le sujet plutôt que de faire un jeu de mots. Un contraste suffisant pour lire sur un écran en plein soleil. Une largeur de texte qui ne dépasse pas la soixantaine de caractères par ligne, parce qu’au-delà l’œil perd le début de la ligne suivante.

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Ces choix ne relèvent pas du goût personnel, ils se testent et se mesurent. C’est tout le sujet de l’importance de l’ux dans un projet web : ce qui semble être une question d’esthétique pèse en réalité sur le taux de rebond, donc sur le trafic, donc sur le chiffre d’affaires.

Le contenu qui répond vraiment à la question posée

La plupart des articles qui ne marchent pas ont le même défaut : ils tournent autour du sujet sans jamais y répondre. Trois cents mots d’introduction sur l’importance du numérique, puis une conclusion qui invite à se rapprocher d’un professionnel. Le lecteur repart chercher ailleurs, et le moteur de recherche le voit.

Un contenu qui tient donne la réponse tôt, puis la justifie. Il cite des chiffres avec leur source. Il assume une position quand il en a une. Il reconnaît les cas où la réponse est « ça dépend », et il explique de quoi ça dépend. C’est aussi ce qui fait qu’un article se retrouve cité par d’autres, y compris par les assistants qui résument le web aujourd’hui.

La longueur n’est pas un critère en soi. Un article de six cents mots qui répond précisément vaut mieux que trois mille mots de remplissage. Mais dans les faits, une réponse complète à une vraie question tient rarement en moins de sept cents mots.

La partie invisible

Restent les fondations, celles que personne ne voit et qui font pourtant la différence sur la durée. Un plan de site déclaré. Des adresses de pages stables, qu’on ne change pas tous les six mois. Un maillage interne réel, c’est-à-dire des articles qui se citent les uns les autres au lieu de vivre chacun dans son coin. Un certificat valide. Des balises de titre qui ne se répètent pas d’une page à l’autre.

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Sur le référencement naturel, les professionnels s’accordent sur un point : aucun de ces éléments ne fait décoller un site à lui seul, mais l’absence de plusieurs d’entre eux suffit à le plafonner. C’est une logique de seuils, pas de leviers.

Par quoi commencer quand tout est à faire ?

Dans l’ordre, et sans discuter :

  1. Mesurer le temps de réponse réel, page d’accueil et article, trois fois de suite.
  2. Activer un cache si le serveur en propose un, et vérifier qu’il sert vraiment des pages en cache.
  3. Redimensionner les images les plus lourdes, en général celles de la page d’accueil.
  4. Relier entre eux les articles qui parlent du même sujet.
  5. Reprendre les cinq pages qui reçoivent déjà du trafic, avant d’en écrire de nouvelles.

Ce dernier point est celui qu’on saute le plus souvent, et c’est pourtant le plus rentable. Améliorer une page qui reçoit déjà cent visites par mois rapporte plus vite que d’en publier une nouvelle qui partira de zéro. Pour savoir lesquelles, encore faut-il regarder ses statistiques, et savoir quels chiffres regarder.

À retenir

Un site ne décroche presque jamais pour une seule raison. Il décroche parce que trois ou quatre fondamentaux sont légèrement en dessous du seuil acceptable, et que leurs effets s’additionnent. La bonne nouvelle, c’est que ces fondamentaux se corrigent en quelques jours, pas en quelques mois.

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