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Business en ligne/10 Juil 2020/8 min

Comment arrondir ses fins de mois ?

Bocal de pièces posé sur une étagère de cuisine, à côté d'un carnet

Deux cents euros de plus par mois, ce n’est pas une fortune. C’est une facture d’énergie, une mensualité de voiture, des vacances qu’on ne repousse pas. Et c’est un objectif largement atteignable, contrairement à ce que promettent ceux qui vendent des méthodes à quatre chiffres.

Le problème n’est pas le manque de possibilités, il y en a des dizaines. Le problème, c’est que la moitié de ce qu’on trouve en cherchant fait perdre plus de temps que ça n’en rapporte. Voici comment trier.

Le seul calcul qui permette de comparer

Avant de vous intéresser à quoi que ce soit, faites une division. Combien ça rapporte, divisé par le nombre d’heures réellement passées, temps d’apprentissage et de mise en place compris.

Ce calcul élimine à lui seul l’essentiel des propositions qui circulent. Les sondages rémunérés, les cagnottes de clics, les applications qui paient pour regarder des publicités, les micro-tâches à quelques centimes : tout ça existe, tout ça paie réellement, et tout ça tourne autour de deux à quatre euros de l’heure. Ce n’est pas une arnaque, c’est simplement très mal payé.

Un second critère, moins évident, sépare ensuite les bonnes pistes des médiocres : est-ce que ça construit quelque chose ? Une heure de sondage rapporte une fois et ne laisse rien derrière. Une heure passée à écrire un article, à monter une compétence ou à fabriquer un produit peut rapporter pendant des années. À taux horaire égal, la seconde gagne toujours.

Ce qui rapporte dès ce mois-ci

Vendre une compétence que vous avez déjà

C’est de loin le levier le plus rapide, et le plus négligé parce qu’il paraît trop simple. Vous savez tenir une comptabilité, corriger des textes, monter une vidéo, traduire, réparer un ordinateur, remplir un dossier administratif. Quelqu’un paie pour ça aujourd’hui.

Comptez de cinq à cinquante euros de l’heure selon la compétence, et un premier client dans la semaine si vous demandez autour de vous plutôt que d’attendre sur une plateforme. Le canal le plus efficace reste vos anciens collègues et employeurs : ils connaissent déjà votre travail, il n’y a rien à démontrer.

Les cours particuliers

Vingt à trente euros de l’heure, une demande constante, aucune mise de fonds. Le plafond est celui de votre temps disponible, mais pour un complément de deux cents euros mensuels, deux heures par semaine suffisent. Les mathématiques et les langues sont les plus demandées, mais la bureautique et l’aide aux démarches en ligne le sont de plus en plus.

Les services de proximité

Montage de meubles, jardinage, bricolage, dépannage informatique à domicile, garde d’animaux. Ça ne se transpose pas en ligne, et ça paie pourtant mieux que n’importe quelle micro-tâche numérique. Le bouche-à-oreille local fait le reste au bout de trois clients.

Vendre ce que vous n’utilisez plus

Ce n’est pas un revenu récurrent, mais c’est un coup de pouce immédiat et sans risque. Le vrai intérêt est ailleurs : ça vous apprend à écrire une annonce, à photographier un objet et à répondre à un acheteur. Trois compétences qui servent ensuite si vous allez vers la vente en ligne.

Ce qui rapporte plus tard, et beaucoup plus

Un site de contenu

Zéro euro les six premiers mois, puis une montée lente. Passé un an et une centaine de pages utiles, un site peut produire quelques centaines d’euros par mois sans travail supplémentaire. C’est le meilleur rapport à long terme et le pire à court terme.

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La condition tient en une phrase : écrire sur des questions que des gens tapent réellement, pas sur ce qui vous passe par la tête. C’est développé dans l’article sur le référencement.

Un produit numérique

Un guide, un modèle de document, une formation courte. Ça se fabrique en quelques jours et ça se vend indéfiniment sans stock ni logistique. La difficulté n’est jamais la production, c’est de faire venir des acheteurs, et le calcul complet est dans l’article sur la vente de formations.

Louer ce que vous possédez déjà

Une place de parking, du matériel de bricolage, une remorque, une chambre. Le rapport entre le temps engagé et l’argent gagné est imbattable puisqu’il n’y a presque pas de temps engagé. Vérifiez simplement la fiscalité et, si vous êtes locataire, ce que dit votre bail.

Ce qu’il faut éviter, sans hésiter

  • Tout ce qui demande de payer pour commencer. Une formation obligatoire, un kit de démarrage, un droit d’entrée, une caution. Un vrai revenu d’appoint ne se paie pas d’avance.
  • Tout ce qui rapporte en recrutant d’autres personnes. Si votre gain dépend du nombre de gens que vous faites entrer plutôt que de ce que vous vendez, ce n’est pas un revenu, c’est une pyramide.
  • Les promesses chiffrées avec un temps de travail dérisoire. Deux mille euros par mois en une heure par semaine, ça n’existe pas. Ce qui existe, c’est quelqu’un qui vous vend la méthode.
  • Le trading et les cryptomonnaies présentés comme un complément. Ce sont des placements, pas des revenus, et on peut y perdre. Le détail du calcul est dans l’article sur le micro trading.
  • Les offres qui réclament vos coordonnées bancaires pour vous payer. Un employeur ou un client a besoin d’un relevé d’identité bancaire, jamais de votre numéro de carte.

Le cadre légal, qu’on découvre trop tard

Un revenu d’appoint régulier reste un revenu. Il se déclare, et il suppose le plus souvent de créer une micro-entreprise, ce qui prend une vingtaine de minutes et ne coûte rien à l’ouverture.

Trois vérifications avant de commencer. Votre contrat de travail contient-il une clause d’exclusivité ou de non-concurrence ? Votre statut actuel autorise-t-il une activité indépendante, ce qui n’est pas automatique pour certains agents publics ? Et à partir de quel montant devez-vous déclarer ? Pour un salarié du privé sans clause particulière, la réponse est en général qu’aucun obstacle n’existe.

Si vous êtes indemnisé par France Travail, le cumul est possible et encadré : il est détaillé dans l’article sur le chômage et l’auto-entreprise. Les formalités de création, elles, sont dans celui sur la création d’entreprise.

Combien viser, et en combien de temps

Fixez un montant précis plutôt qu’un vague « gagner plus ». Deux cents euros par mois, ce n’est pas la même chose que mille, ni en méthode ni en temps.

Pour deux cents euros, une compétence vendue quelques heures par mois suffit, et le premier euro peut tomber dans les quinze jours. Pour mille euros réguliers, vous n’êtes plus sur un revenu d’appoint mais sur une activité, avec ce que ça implique de prospection, de facturation et de cotisations. Le passage de l’un à l’autre est le moment où beaucoup se découragent, parce qu’ils avaient prévu le premier et se retrouvent à faire le second.

Par où commencer ce mois-ci

  1. Écrire la liste de ce que vous savez faire que d’autres paient pour faire faire. Sans filtrer, même ce qui vous paraît banal.
  2. En garder trois, celles que vous pourriez livrer demain sans rien apprendre.
  3. Les proposer à dix personnes de votre entourage professionnel, par message direct et pas par annonce.
  4. Facturer le premier qui dit oui, même en dessous de votre tarif idéal. Le premier euro encaissé vaut vingt heures de réflexion.
  5. Une fois qu’un revenu existe, et seulement là, construire l’actif à côté.
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Faire l’inverse est la cause numéro un des abandons : on passe six mois sur un site qui ne rapporte rien, on se décourage, et on arrête juste avant que ça commence à produire.

Combien de temps avant le premier euro

C’est la question qui décide de tout, et personne ne la pose. Deux pistes qui rapportent la même somme au bout d’un an ne se ressemblent pas du tout les trois premiers mois, et c’est là que se joue l’abandon.

  • Vendre une compétence : de quelques jours à deux semaines. Vous avez déjà le savoir-faire, il ne manque qu’un acheteur.
  • Cours particuliers : une à trois semaines, le temps qu’une annonce trouve son premier élève.
  • Services de proximité : une à quatre semaines, très dépendant du bouche-à-oreille local.
  • Louer un bien que vous possédez : quelques jours, une fois l’annonce en ligne et les questions d’assurance réglées.
  • Produit numérique : deux à six mois, dont l’essentiel passé non pas à produire mais à trouver les premiers acheteurs.
  • Site de contenu : huit à douze mois avant le premier revenu significatif, parfois davantage.

La lecture utile de cette liste n’est pas « choisir le plus rapide ». C’est de mener les deux de front : une piste courte qui paie tout de suite, et une piste longue qui se construit avec le temps que la première vous achète. Ceux qui ne prennent que la piste longue abandonnent avant qu’elle produise. Ceux qui ne prennent que la courte échangent des heures contre de l’argent pour toujours.

Pourquoi la plupart s’arrêtent au troisième mois

Il y a un moment très reconnaissable où les gens lâchent, et ce n’est presque jamais par manque de résultats. C’est pour trois raisons plus bêtes.

Le calendrier n’a pas été posé. On se lance sur un site de contenu en espérant vaguement « que ça marche », sans avoir écrit qu’il ne se passerait rien avant huit mois. Au troisième mois de silence, l’absence de résultat devient un échec alors que c’est le déroulement normal.

Le temps disponible a été surestimé. Dix heures par semaine annoncées, quatre heures réelles une fois la vie de famille et la fatigue prises en compte. Mieux vaut prévoir deux heures et les tenir que dix et n’en faire aucune.

Rien n’est mesuré. Sans un simple relevé de ce qui est entré chaque mois, l’impression remplace le fait. Trois mois à 40, 90 puis 150 euros, c’est une progression très encourageante ; vécue sans être notée, ça reste « toujours pas grand-chose ».

Un tableau à deux colonnes, le mois et le montant encaissé, suffit à changer complètement la perception de ce qu’on est en train de construire.

À retenir

Divisez toujours le gain annoncé par les heures réellement passées : ce seul calcul élimine les sondages, les micro-tâches et l’essentiel de ce qu’on trouve en cherchant. Puis commencez par vendre une compétence que vous avez déjà, c’est le seul levier qui paie dans le mois. Le reste se construit ensuite, avec le temps que le premier revenu vous achète.

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