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Se lancer/13 Août 2024/4 min

Les 3 questions à se poser avant de lancer quoi que ce soit

Un carnet ouvert sur un schéma dessiné à la main, avec un crayon et un café

La plupart des projets en ligne qui échouent ne sont pas mal exécutés. Ils sont mal choisis. On passe six mois à construire quelque chose de propre, on le lance, et il ne se passe rien. Pas de bug, pas de problème de trafic : simplement personne au bout.

Trois questions, posées honnêtement avant d’écrire la première ligne, écartent l’essentiel de ces échecs. Elles ne garantissent pas la réussite. Elles évitent surtout de perdre une année.

Question 1 : qui paie, et pour résoudre quoi ?

Pas « qui pourrait être intéressé », mais « qui sort sa carte bancaire ». La différence est immense. Des milliers de gens peuvent trouver votre idée sympathique sans jamais dépenser un euro.

Le test qui ne trompe pas : est-ce que ces gens paient déjà pour résoudre ce problème, d’une manière ou d’une autre ? S’ils paient un concurrent, tant mieux, le marché existe. S’ils paient un consultant, un logiciel, ou même une solution bricolée qui leur prend du temps, c’est encore un signal. S’ils ne paient rien pour ça aujourd’hui, il faudra d’abord leur apprendre que c’est un problème, et ça coûte beaucoup plus cher que de vendre une solution à quelqu’un qui cherche déjà.

Une réponse valable ressemble à ça : « les gérants de petits gîtes, qui perdent deux heures par semaine à recopier leurs réservations à la main, et qui paient déjà 30 euros par mois pour un outil qui ne fait pas ça correctement ». Une réponse floue ressemble à : « les entrepreneurs qui veulent gagner du temps ».

Question 2 : comment ces gens vous trouvent-ils ?

C’est la question qu’on repousse toujours à plus tard, et c’est celle qui tue le plus de projets. Construire est confortable, aller chercher des clients ne l’est pas. Alors on construit.

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Il n’y a que quelques canaux réalistes quand on démarre sans budget. La recherche, si les gens tapent quelque chose de précis dans un moteur, ce qui suppose un vrai volume de requêtes et une concurrence abordable. Une communauté déjà existante où vous êtes légitime. Un réseau personnel, qui produit les premiers clients mais ne passe jamais l’échelle. La prospection directe, qui marche très bien et que presque personne ne veut faire.

Si aucune de ces quatre réponses ne s’applique clairement, le projet n’a pas de canal d’acquisition. Ce n’est pas grave en soi, mais il faut le savoir avant, pas après.

Sur ce point, si vous comptez sur la recherche, autant savoir tout de suite ce qui fait qu’un site se positionne ou pas. Pour approfondir la méthode, on peut consulter un article complet ici.

Question 3 : combien de temps avant le premier euro ?

Tous les modèles ne mettent pas le même temps à rapporter, et cette différence décide de ce que vous pouvez vous permettre.

Une prestation de service peut rapporter la première semaine : vous trouvez un client, vous facturez. Un site de contenu monétisé par la publicité ou l’affiliation met rarement moins de huit à douze mois à produire quoi que ce soit de significatif, parce qu’il faut le temps que les pages se positionnent. Un produit logiciel se situe entre les deux, avec un coût de construction bien plus élevé au départ.

Aucun de ces modèles n’est meilleur que les autres. Mais lancer un site de contenu quand il reste trois mois de trésorerie, c’est mathématiquement perdu d’avance. Dans ce cas, la bonne séquence est de commencer par de la prestation, qui finance le temps, puis de construire l’actif à côté.

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Ce que ces questions ne disent pas

Elles ne disent rien de votre motivation, et c’est volontaire. L’envie compte, mais elle ne se planifie pas et elle ment souvent. Beaucoup de gens confondent l’envie de faire quelque chose avec l’envie d’avoir fait quelque chose. Les deux ne tiennent pas le même nombre de mois.

Elles ne disent rien non plus de la qualité de l’exécution, qui reste déterminante. Un bon projet mal exécuté échoue aussi. Simplement, il échoue pour des raisons qu’on peut corriger, alors qu’un projet sans acheteur et sans canal ne se corrige pas, il se recommence.

Le test des trois jours

Avant de construire, accordez-vous trois jours pour répondre aux trois questions par écrit. Pas trois semaines : trois jours. Parlez à cinq personnes qui correspondent à votre client supposé. Regardez ce qui existe déjà et ce que ça coûte. Vérifiez les volumes de recherche si vous comptez sur le référencement.

À la fin des trois jours, soit vous avez trois réponses précises et vous pouvez y aller, soit vous avez trois réponses floues et vous venez d’économiser six mois. Les deux issues sont bonnes. Ensuite viendra la question du statut à choisir pour encaisser légalement, mais elle se pose après, pas avant.

À retenir

Un projet solide tient en une phrase : telle personne, qui a tel problème, que je peux atteindre par tel canal, et qui paiera dans tel délai. Si vous ne pouvez pas écrire cette phrase, vous n’avez pas encore un projet, vous avez une idée.

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